 Actu du 10 février 2021

« ENSEIGNER ET ARBITRER « deux mondes proches l’un de l’autre
 
«  La philosophie de l’arbitrage  est de savoir sanctionner les fautes au bon moment et de savoir trier les fautes qu’il ne faut pas sanctionner au bon moment… » 
 
en immersion dans l’arbitrage de la PRO D2 avec notre arbitre Stéphane COULON .

Bonjour Stéphane et un très grand merci d’avoir accepté le principe d’un entretien a » bâtons rompus » pour mieux te connaître mais aussi de se mettre en immersion dans la vie d’un arbitre de PROD2, puisque tu as commencé ce nouveau défi dans ta carrière sportive dès Septembre 2020.
 
Tout d’abord, si je suis bien renseigné, toutes nos félicitations auxquelles se joignent celles du RC COES car depuis quelques jours tu es devenu un heureux PAPA. Stéphane, ma toute première question d’actualité par ces temps de pandémie et crise sanitaire comment vis-tu ces moments où, joueurs arbitres et staff, pratiquent leur sport favori devant des tribunes, des stades vides ou se sont tus bandas et supporters ?
 
En PROD2, on a eu des stades qui n’étaient pas tout à fait vides en Septembre et Octobre car on a eu la chance de pouvoir compter sur des spectateurs jusqu’à mi- octobre, après malheureusement j’ai attrapé la COVID. Je suis resté un mois et demi sans arbitrer, le temps de reprendre tout, d’avoir le feu vert des médecins. Pour ma part cela a été comme une grosse grippe, cela n’a pas été dramatique comme pour certains. Après ma reprise on est passé a des stades vides et c’est vrai que l’ambiance est complètement différente, on entend beaucoup plus les bancs de touche et les personnes autorisées   en tribune et, parfois, des choses peu agréables à notre encontre ou celle de l’adversaire et ce,d’autant plus lorsqu’on officie comme assistant et que l’on est beaucoup plus près des bancs que lorsque l’on évolue comme arbitre centre.. La plupart du temps, Ce sont des éléments que l’on ne capte pas quand on est en présence d’un public qui pousse fort, même quand les décisions sont parfois contestées massivement. Pour ma part il me tarde de retrouver du public dans les stades, pour les joueurs c’est aussi le cas, car c’est quelque chose qui est essentiel pour faire avancer une équipe. Je le constate dans les statistiques  ou les victoires à domicile ont baissées par rapport aux saisons précédentes, et ce d’autant plus, dans des stades plus intimistes ou les encouragements du public poussent leur équipe a se surpasser et fait monter l’adrénaline. En PROD2 c’est la même chose quand tu as des chambrées qui sont intéressantes qui transcendent les garçons. Après je t’avoue qu’on est assez hermétique quant on est au milieu du terrain, que se soit avec ou sans public. On reste assez concentré car on est vraiment en immersion dans notre bulle pendant 80 minutes avec les infos des assistants qui nous arrivent dans l’oreillette. On est très attentifs pour être encore plus propres dans la communication et éviter de commettre quelques petites scories verbales.
 

"une autre dimension par rapport a la Fédérale 1" 

 
Malgré donc ton mois et demi d’arrêt forcé, tu as arbitré combien de matchs ? as-tu senti une différence dans le jeu proposé par rapport, pour ce qui te concerne, a la Fédérale 1 ?
 
Je suis dans les moins expérimentés du groupe professionnel puisque je n’ai arbitré que 3 matchs, sur les 18 journées de PROD2. Dans l’engagement et ce, dès mon premier match, j’ai tout de suite vu l’engagement qui est largement supérieur à la Fédérale 1, les impacts sont plus rudes, le jeu est plus « léché », il y de plus une qualité technique supérieure et c’est par conséquent encore plus agréable à arbitrer. Même si la PROD2 est tout de même un championnat difficile à arbitrer  cela reste un grand plaisir  car le jeu est plus agréable et il te faut trouver rapidement des solutions aux situations problématiques rencontrées. Mais il n’y a pas que le jeu en lui-même, il faut rester très attentif a la préparation des matchs, dans la façon de travailler avec les équipes d’assistants et l’arbitre vidéo. C’est donc une autre dimension par rapport a la Fédérale 1. Pour ma part je sais qu’avant une rencontre en secteur professionnel, je vais regarder 4 matchs des équipes qui me concernent le week-end, je dois échanger par téléphone ou par mails avec mes assistants en amont de la rencontre une petite semaine avant, dès que sur notre intranet on a la programmation des rencontres. On se prépare à arbitrer une rencontre de la façon la meilleure possible. C’est dont tout cela les exigences du haut niveau et du monde professionnel par rapport au monde amateur. Il y a quand même une différence dans l’appréhension des matchs.
 
En t’écoutant Stéphane, je prends acte et découvre qu’arbitrer à ce niveau n’est pas une sinécure mais bien au contraire un métier dans tous les sens du terme en amont et en aval d’une rencontre ?
 
Effectivement c’est un « métier » qui demande du temps avant et après mais pour ma part concrètement c’est une passion car mon métier c’est avant tout d’être enseignant (professeur d’Espagnol) . C’est une passion hyper chronophage, mais je prends du plaisir à la vivre pleinement et on est comme les rugbymans pros on a envie de performer d’être le plus efficace le week-end autant sportivement que physiquement. Tu ne peux pas te permettre d’être a 40mètres d’une action décisive, quand il y a 18/18 à la 80ème minute et que tu rates la faute qui peut faire basculer un match

"savoir sanctionner les fautes au bon moment et de savoir trier les fautes qu’il ne faut pas sanctionner"

 
Cette pression dans ce que l’on appelle désormais le « monnay time », est ce que tu l’a ressens encore plus ? Comment on vit de pareils instants ?
 
En fait la philosophie de l’arbitrage  est de savoir sanctionner les fautes au bon moment et de savoir trier les fautes qu’il ne faut pas sanctionner. Dans ces moments-là il y a un regain de discipline de la part des équipes, on sait que la première grosse faute qui va se passer dans ces moments-là, va coûter peut-être le gain du match. Je pense que la pression est davantage sur le dos des joueurs, même si on a conscience de l’importance que peut avoir la moindre décision. On le sent sur le terrain car il y a comme une énergie particulière qui se dégage des affrontements quand le coup de sifflet final est proche. Pour ma part ce n’est pas quelque chose qui me perturbe énormément, car on sent que les joueurs sont concentrés au maximum, quand le score peut être de parité.
Si on regarde tout simplement un ruck on va pouvoir sanctionner concrètement 5 à 6 fautes. Maintenant il faut voir si cette faute a ralenti l’utilisation du ballon, a permis un turn-over, l’incidence quelle a eu sur le moment. L’intelligence de l’arbitre est de sanctionner la faute qui doit l’être.
 
Envisageons maintenant ton avenir Stéphane et a ce titre peux tu nous expliquer comment sont notés les arbitres, comment sont appréciés les gestions des matchs et enfin qu’elle est l’évolution dans la hiérarchie arbitrale ? enfin arbitrer en TOP14, est-ce pour toi un objectif majeur ?
 
Absolument tous les matchs sont observés et analysés par la Direction Nationale de l’arbitrage : Jérôme GARCES notamment travaille sur la majorité des rencontres, toutes les rencontres sont suivies par les superviseurs et en fonction de tous ces éléments il y un système d’évaluation mis en place. A chaque match pour notre part, on doit faire un débriefing et analyser chacune des décisions et les confronter à l’analyse du superviseur pour voir s’il y a concordance ou pas entre nos décisions initiales et celles qu’on aurait dû prendre. En regardant la vidéo on se rend compte de nos erreurs et ensuite on progresse au fur et a mesure des matchs.Quand, au bout d’un certain temps, tu enchaînes les grosses performances, ton profil peut être retenu dans les arbitres à potentiel du TOP 14. Il y a un Comité de sélection qui intervient et qui propose certains noms, de manière a ce que ces derniers soient plus observés, scrutés dans le but d’une éventuelle montée à l’échelon supérieur. Ce système existe depuis la Fédérale 2, on est donc rompu à ce genre de fonctionnement. Cela a été le cas pour moi quand j’étais dans les radars depuis la fédérale 1 pour monter en PRO D2.
Pour l’instant, l’idée est de bien s’installer dans la division et de bien arbitrer sur les prochaines rencontres afin d’enchainer les performances suffisantes pour évoluer en PRO D2 et ce n’est que plus tard, avec plus d’expérience, que je travaillerai dans l’optique de prétendre à une montée à l’arbitrage en TOP14.
 
A t’écouter Stéphane je prends conscience de l’AVANT et de l’APRES rencontres en matière d’arbitrage. Ce n’est pas simplement 80minutes le dimanche ou le samedi après-midi. Tout est aussi important - peut-être même plus - de préparer sa rencontre bien avant le jour J et aussi de l’APRES match ?
 
En fait pour moi c’est la partie que je préfère quand je prépare une rencontre, car c’est APRES que l’on se rend compte de la qualité de ta prestation, tu reviens sur tous les coups de sifflet que tu donnes et ceux que tu ne donnes pas dans la rencontre. Ainsi une partie d’une heure vingt va en fait durer 4 voire 5heures. Tu échanges après avec tes assistants dans la semaine, tu échanges avec le superviseur, après avec mon coach qui me suit tout au long de la saison. C’est quelqu’un qui a pour mission de m’épauler en PRO D2 sur toute une année. En dehors du jour de la rencontre je passe au moins une dizaine d’heures à préparer mes matchs et à les débriefer derrière.

"cela doit être terrible de ne plus pouvoir jouer, de pouvoir se retrouver entre copains"

 
Et bien Stéphane après t’avoir écouté attentivement, tes réponses vont certainement en surprendre quelques-uns, de par la charge de travail demandée à un arbitre de ton niveau. C’est très intéressant et très instructif, ce qui me semble tout à fait logique pour un enseignant ! La relève semble aussi assurée avec Alexi MORANDI actuellement à l’Ecole de l’Arbitrage a Castres. Un dernier mot Stéphane pour conclure ce long entretien :
 
J’aurais aimé travailler davantage avec les joueurs du RC COES, pour leur apporter quelques conseils, sur leurs rencontres. J’avais aussi un projet de les conseiller en matière d’arbitrage et leur apporter mon regard d’arbitre sur leurs comportements sur le terrain. C’est aussi frustrant pour moi mais surtout pour eux car cela doit être terrible de ne plus pouvoir jouer, de pouvoir se retrouver entre copains le dimanche sur le terrain, ce qui est quand même l’essence de notre vie de rugbyman. Ce fut très agréable de pouvoir échanger sur cette discipline qui comme tu l’auras compris est pour moi une grande passion.
 
Finalement ENSEIGNER et ARBITRER, Stéphane : deux métiers proches l’un de l’autre ?
 
Dans la gestion il y a beaucoup de similitudes entre enseignement et arbitrage mais a contrario, je n’ai pas le dimanche après-midi un rôle d’éducateur ! je suis plutôt dans un rôle «tranchant que préventif ». Mais je dois dire que les deux me servent tous les jours : le rugby à l’école et l’enseignement dans le rugby. Il y a beaucoup de philosophie à avoir dans les deux disciplines pourne pas prendre les choses trop a cœur, ou de manière trop personnelle comme par exemple être capable de savoir gérer les conflits.
 
En définitive, Stéphane tu as fait un beau mariage ?
 
Oui et j’en suis plutôt ravi, je vis pleinement ma passion d’arbitre de rugby le weekend et celle d’enseigner dans la semaine.
 
Je te donne rendez vous pour un match à Chaban Delmas d’ici quelques années pour arbitrer un match de l’UBB. Un très grand merci Stéphane. Le RC COES , supporters et sympathisants te souhaitent le meilleur pour les prochaines années dans ta carrière dans l’arbitrage en OVALIE et en attendant passe d’excellentes nuits ….
 
Entretien réalisé par Jean BIECHE
(Administrateur du site internet et page Facebook du RC COES)

NOTRE ARBITRE - STEPHANE COULON - ACCEDE A LA PRO D2

 Stéphane COULON a rejoint le RC COES en 2017, en suite d'une mutation professionnelle . Agé de 30ans, un parcours exemplaire débuté lors de ses 18 printemps en 2007 en tant qu'arbitre constitue   " un des chapitres les plus importants de ma vie" . Il débutera la saison prochaine en PRO D2.
 Son parcours dans l'arbitrage est jusqu'a présent sans faute : il débute à 17 ans en 2007. De 2007 à 2011 il est arbitre territorial . De 2011 à 2013 il officie en Fédérale 3 puis Fédérale 2 de 2013 à 2015 et accède à la Fédérale 1 de 2015 à 2020  et donc cette année accession en Pro D2.
 
Superbe parcours. Aujourd'hui il a bien voulu se confier au micro de notre reporter Olivier LABADIE et nous le remercions chaleureusement de nous consacrer un peu de temps . 

1 - Parler un peu de toi (si c'est pas indiscret): d'où tu viens, âge, ce que tu fais et comment tu as atterri ici et depuis quand...?

Je suis Stéphane COULON, j'ai presque 30 ans et je suis en couple avec Marion, ma première supportrice, depuis 6 ans maintenant. Je suis né dans le Tarn-et-Garonne mais j'ai grandi à Tarbes. J'ai ensuite suivi mes études à Toulouse avant d'obtenir un Master et le CAPES d'Espagnol ce qui m'a permis de commencer ma carrière d'enseignant à Dax avant d'exercer 2 ans près de Dreux et d'être enfin muté dans l'Aude en 2017.

2 - Le rugby: y as-tu joué et comment tu es venu à l'arbitrage, a partir de quand et à quel moment tu as sentis que tu pouvais réaliser quelque chose ?

J'ai fait mon école de rugby au Stado à Tarbes jusqu'en 2018 et ai évolué en 3ème ligne et au poste de demi de mêlée mais j'ai toujours été attiré par l'arbitrage. Il faut dire que l'un de mes voisins de l'époque, René Bordeneuve, était juge de touche en 1ère division. Il m'a recruté sur le palier de l'appartement. J'ai débuté l'aventure à 17 ans en 2007 lorsque j'ai quitté le club pour un autre de la banlieue tarbaise et ai senti assez rapidement que je pourrais m'en sortir mieux qu'en jouant car j'étais loin d'être un futur prodige de la balle ovale! C'est tout naturellement que j'ai préféré le sifflet au ballon comme objet fétiche dans les années qui suivirent.

3 - Tes meilleurs moments dans l'arbitrage, tes flops aussi, des anecdotes… 

J'ai connu de beaux moments depuis 13 ans maintenant: j'ai eu la chance de participer à un championnat d'Europe U18, à la Coupe du Monde U20 remportée par la France, au HSBC Sevens à des finales territoriales entouré de mes amis dans la discipline. Ce sont ces moments qui priment le plus mais j'ai également comme tout arbitre connu des déceptions ou des moments de doute mais ils sont plus rares. J'ai la chance de vivre souvent de belles expériences globalement.

4 - L'arbitrage Audois dont tu t'occupes: tes impressions, comment tu vois l'avenir, vas-tu pouvoir continuer à intervenir...

Je participe à la formation au sein du département sous la tutelle de Bruno Gabaldon depuis mon arrivée sur le secteur en 2017 et j'aide aussi un peu le directeur départemental, Thibault Santamaria, dans ses fonctions. Nous sommes un département qui est en recherche d'arbitres et nous essayons de travailler intelligemment pour recruter, former et fidéliser les arbitres dans l'Aude et je compte continuer à jouer un rôle dans cela. Si vous souhaitez d'ailleurs franchir le cap, écrivez à jeveuxarbitrer@ffr.fr . On est une vraie famille et on a besoin de renfort.

5 - Enfin pour arriver aujourd'hui en PRO D2 quelques sont les investissements, les sacrifices...les conseils que tu pourrais donner et surtout qui remercies-tu? Quels sont les arbitres Audois que tu vas retrouver "la haut"

Comme dans toutes les disciplines, l'investissement est la source de toute réussite. Il n'y a pas de recette miracle mais je travaille énormément pour réussir à améliorer ma pratique de l'arbitrage: je passe beaucoup de temps à faire l'analyse vidéo des rencontres que je dirige pour détecter les points positifs et les axes d'amélioration, à échanger avec des collègues, mes coaches ou les superviseurs. Il y a aussi une part non-négligeable de préparation physique à entreprendre pour pouvoir répondre présent les jours de match.
Tout cela prend du temps et forcément absorbe une partie de ma vie de famille mais j'ai la chance d'avoir une conjointe qui m'a toujours soutenu dans ma passion et continue de le faire.
Je la remercie donc très chaleureusement comme je remercie également ma famille, mes amis et les instances de la Direction Nationale de l'Arbitrage qui m'ont appuyé et m'ont toujours encouragé à faire chaque fois plus pour prétendre à cette promotion.
Au niveau professionnel, je serai pour le moment le seul arbitre central audois mais j'aurai le plaisir de retrouver régulièrement Bruno Gabaldon et Frédéric Chazal qui officient comme assistants en TOP 14.


6 - Libre a toi de conclure, de rajouter ce que j'ai oublié de te demander...

L'arbitrage est l'un des chapitres les plus importants de ma vie, j'ai la chance de pouvoir vivre ma passion du rugby sous un angle différent entouré de personnes que j'apprécie en ayant le sentiment de toujours faire partie d'une équipe aussi.
 
Interview réalisé par Olivier LABADIE notre correspondant presse Indépendant- La Dépêche
 
Actu Septembre 2019

Depuis le début de cette saison notre club compte parmis ses licenciés et dans son staff un nouvel arbitre de FEDERALE 1. 
Stéphane COULON suite à une mutation professionnelle excerce en tant que  Professuer d'Espagnol dans le département .
 La wk dernier , du 15 Octobre Stéphane a arbitré le match BOURG EN BRESSE / AIX EN PROVENCE 
 Le COES profite de sa présence parmis nous, pour conseiller les joueurs sur les nouvelles règles et aussi rectifier les erreurs . Ainsi grâce aux enregistrements vidéos dont bénéficie le COES a chaque match, les joueur ont pu profiter de sa présence lors du dernier entrainement  . Il a effectué une intervention d'une trentaine de minutes pour apporter ses conseils lors de la diffusion des vidéos des matchs. 
 Un grand merci à lui . 
 
 
 

Actus du 25 juin 2019

Notre jeune arbitre Alexi MORANDI vient d'intégrer l'école d'arbitres de CASTRES : son objectif l'arbitrage au niveau international [lire plus]
 

aLEXI MORANDI VERS L'ARBITRAGE INTERNATIONAL...

aLEXI MORANDI VERS L'ARBITRAGE INTERNATIONAL...
Actu Mardi 25 juin 2019   
 

ALEXI MORANDI A L'honneur

ALEXI MORANDI A L'honneur

actu du 27/04/2019

 
Notre jeune arbitre Alexi MORANDI vient de valider son année de scolarité à l'arbitrage en sortant major de sa promotion . Il est ainsi officiellement reçu arbitre officiel Térritorial . Il devrait rapidement rejoindre l'école d'arbitrage d'un grand club d'Occitanie
 
Il vient de plus, officier au Tournoi de Batigne de Graulhet dans le tarn, réunissant de nombreuses sélections féminines et masculines .
 
Toutes nos félicitations pour ALEXI !
 
ALEXI1
 
ALEXI2
Alexi a l'arbitrage a Graulhet
 
 

sTEPHANE COULON A L'honneur

sTEPHANE COULON A L'honneur

Actu du 13 mai 2019

 
Notre arbitre Stéphane COULON originaire de Tarbes et licencié au RC COES sera le 23 mai à Lézignan ou l'Indépendant mettra de nouveau le rugby amateur audois sous le feu des projecteurs . Il est en effet nominé pour la 2ème édition des Trophées XV d'Or au cours desquels seront à l'honneur les arbitres, les féminines, les dirigeants ; les éducateurs et les jeunes talents .
  
FELICITATIONS A STEPHANE pour son remarquable parcours et sa réussite dans un métier, ou  les dimanches ne ressemblent pas trop à un repos dominical mérité . 
 
 

TROPHEES XV D'OR

TROPHEES XV D'OR
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 Coordonnées du Club :
Rugby Club Couiza Espéraza 
B.P. 3 - 11260 - ESPERAZA 
  Téléphone : 07 84 37 39 37     Mail : rccoes@gmail.com        
Site internet : http:/club.quomodo.com/rcoes Page Facebook 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

  Actu du 10 février 2021

« ENSEIGNER ET ARBITRER « deux mondes proches l’un de l’autre
 
«  La philosophie de l’arbitrage  est de savoir sanctionner les fautes au bon moment et de savoir trier les fautes qu’il ne faut pas sanctionner au bon moment… » 
 
en immersion dans l’arbitrage de la PRO D2 avec notre arbitre Stéphane COULON .

Bonjour Stéphane et un très grand merci d’avoir accepté le principe d’un entretien a » bâtons rompus » pour mieux te connaître mais aussi de se mettre en immersion dans la vie d’un arbitre de PROD2, puisque tu as commencé ce nouveau défi dans ta carrière sportive dès Septembre 2020.
 
Tout d’abord, si je suis bien renseigné, toutes nos félicitations auxquelles se joignent celles du RC COES car depuis quelques jours tu es devenu un heureux PAPA. Stéphane, ma toute première question d’actualité par ces temps de pandémie et crise sanitaire comment vis-tu ces moments où, joueurs arbitres et staff, pratiquent leur sport favori devant des tribunes, des stades vides ou se sont tus bandas et supporters ?
 
En PROD2, on a eu des stades qui n’étaient pas tout à fait vides en Septembre et Octobre car on a eu la chance de pouvoir compter sur des spectateurs jusqu’à mi- octobre, après malheureusement j’ai attrapé la COVID. Je suis resté un mois et demi sans arbitrer, le temps de reprendre tout, d’avoir le feu vert des médecins. Pour ma part cela a été comme une grosse grippe, cela n’a pas été dramatique comme pour certains. Après ma reprise on est passé a des stades vides et c’est vrai que l’ambiance est complètement différente, on entend beaucoup plus les bancs de touche et les personnes autorisées   en tribune et, parfois, des choses peu agréables à notre encontre ou celle de l’adversaire et ce,d’autant plus lorsqu’on officie comme assistant et que l’on est beaucoup plus près des bancs que lorsque l’on évolue comme arbitre centre.. La plupart du temps, Ce sont des éléments que l’on ne capte pas quand on est en présence d’un public qui pousse fort, même quand les décisions sont parfois contestées massivement. Pour ma part il me tarde de retrouver du public dans les stades, pour les joueurs c’est aussi le cas, car c’est quelque chose qui est essentiel pour faire avancer une équipe. Je le constate dans les statistiques  ou les victoires à domicile ont baissées par rapport aux saisons précédentes, et ce d’autant plus, dans des stades plus intimistes ou les encouragements du public poussent leur équipe a se surpasser et fait monter l’adrénaline. En PROD2 c’est la même chose quand tu as des chambrées qui sont intéressantes qui transcendent les garçons. Après je t’avoue qu’on est assez hermétique quant on est au milieu du terrain, que se soit avec ou sans public. On reste assez concentré car on est vraiment en immersion dans notre bulle pendant 80 minutes avec les infos des assistants qui nous arrivent dans l’oreillette. On est très attentifs pour être encore plus propres dans la communication et éviter de commettre quelques petites scories verbales.
 

"une autre dimension par rapport a la Fédérale 1" 

 
Malgré donc ton mois et demi d’arrêt forcé, tu as arbitré combien de matchs ? as-tu senti une différence dans le jeu proposé par rapport, pour ce qui te concerne, a la Fédérale 1 ?
 
Je suis dans les moins expérimentés du groupe professionnel puisque je n’ai arbitré que 3 matchs, sur les 18 journées de PROD2. Dans l’engagement et ce, dès mon premier match, j’ai tout de suite vu l’engagement qui est largement supérieur à la Fédérale 1, les impacts sont plus rudes, le jeu est plus « léché », il y de plus une qualité technique supérieure et c’est par conséquent encore plus agréable à arbitrer. Même si la PROD2 est tout de même un championnat difficile à arbitrer  cela reste un grand plaisir  car le jeu est plus agréable et il te faut trouver rapidement des solutions aux situations problématiques rencontrées. Mais il n’y a pas que le jeu en lui-même, il faut rester très attentif a la préparation des matchs, dans la façon de travailler avec les équipes d’assistants et l’arbitre vidéo. C’est donc une autre dimension par rapport a la Fédérale 1. Pour ma part je sais qu’avant une rencontre en secteur professionnel, je vais regarder 4 matchs des équipes qui me concernent le week-end, je dois échanger par téléphone ou par mails avec mes assistants en amont de la rencontre une petite semaine avant, dès que sur notre intranet on a la programmation des rencontres. On se prépare à arbitrer une rencontre de la façon la meilleure possible. C’est dont tout cela les exigences du haut niveau et du monde professionnel par rapport au monde amateur. Il y a quand même une différence dans l’appréhension des matchs.
 
En t’écoutant Stéphane, je prends acte et découvre qu’arbitrer à ce niveau n’est pas une sinécure mais bien au contraire un métier dans tous les sens du terme en amont et en aval d’une rencontre ?
 
Effectivement c’est un « métier » qui demande du temps avant et après mais pour ma part concrètement c’est une passion car mon métier c’est avant tout d’être enseignant (professeur d’Espagnol) . C’est une passion hyper chronophage, mais je prends du plaisir à la vivre pleinement et on est comme les rugbymans pros on a envie de performer d’être le plus efficace le week-end autant sportivement que physiquement. Tu ne peux pas te permettre d’être a 40mètres d’une action décisive, quand il y a 18/18 à la 80ème minute et que tu rates la faute qui peut faire basculer un match

"savoir sanctionner les fautes au bon moment et de savoir trier les fautes qu’il ne faut pas sanctionner"

 
Cette pression dans ce que l’on appelle désormais le « monnay time », est ce que tu l’a ressens encore plus ? Comment on vit de pareils instants ?
 
En fait la philosophie de l’arbitrage  est de savoir sanctionner les fautes au bon moment et de savoir trier les fautes qu’il ne faut pas sanctionner. Dans ces moments-là il y a un regain de discipline de la part des équipes, on sait que la première grosse faute qui va se passer dans ces moments-là, va coûter peut-être le gain du match. Je pense que la pression est davantage sur le dos des joueurs, même si on a conscience de l’importance que peut avoir la moindre décision. On le sent sur le terrain car il y a comme une énergie particulière qui se dégage des affrontements quand le coup de sifflet final est proche. Pour ma part ce n’est pas quelque chose qui me perturbe énormément, car on sent que les joueurs sont concentrés au maximum, quand le score peut être de parité.
Si on regarde tout simplement un ruck on va pouvoir sanctionner concrètement 5 à 6 fautes. Maintenant il faut voir si cette faute a ralenti l’utilisation du ballon, a permis un turn-over, l’incidence quelle a eu sur le moment. L’intelligence de l’arbitre est de sanctionner la faute qui doit l’être.
 
Envisageons maintenant ton avenir Stéphane et a ce titre peux tu nous expliquer comment sont notés les arbitres, comment sont appréciés les gestions des matchs et enfin qu’elle est l’évolution dans la hiérarchie arbitrale ? enfin arbitrer en TOP14, est-ce pour toi un objectif majeur ?
 
Absolument tous les matchs sont observés et analysés par la Direction Nationale de l’arbitrage : Jérôme GARCES notamment travaille sur la majorité des rencontres, toutes les rencontres sont suivies par les superviseurs et en fonction de tous ces éléments il y un système d’évaluation mis en place. A chaque match pour notre part, on doit faire un débriefing et analyser chacune des décisions et les confronter à l’analyse du superviseur pour voir s’il y a concordance ou pas entre nos décisions initiales et celles qu’on aurait dû prendre. En regardant la vidéo on se rend compte de nos erreurs et ensuite on progresse au fur et a mesure des matchs.Quand, au bout d’un certain temps, tu enchaînes les grosses performances, ton profil peut être retenu dans les arbitres à potentiel du TOP 14. Il y a un Comité de sélection qui intervient et qui propose certains noms, de manière a ce que ces derniers soient plus observés, scrutés dans le but d’une éventuelle montée à l’échelon supérieur. Ce système existe depuis la Fédérale 2, on est donc rompu à ce genre de fonctionnement. Cela a été le cas pour moi quand j’étais dans les radars depuis la fédérale 1 pour monter en PRO D2.
Pour l’instant, l’idée est de bien s’installer dans la division et de bien arbitrer sur les prochaines rencontres afin d’enchainer les performances suffisantes pour évoluer en PRO D2 et ce n’est que plus tard, avec plus d’expérience, que je travaillerai dans l’optique de prétendre à une montée à l’arbitrage en TOP14.
 
A t’écouter Stéphane je prends conscience de l’AVANT et de l’APRES rencontres en matière d’arbitrage. Ce n’est pas simplement 80minutes le dimanche ou le samedi après-midi. Tout est aussi important - peut-être même plus - de préparer sa rencontre bien avant le jour J et aussi de l’APRES match ?
 
En fait pour moi c’est la partie que je préfère quand je prépare une rencontre, car c’est APRES que l’on se rend compte de la qualité de ta prestation, tu reviens sur tous les coups de sifflet que tu donnes et ceux que tu ne donnes pas dans la rencontre. Ainsi une partie d’une heure vingt va en fait durer 4 voire 5heures. Tu échanges après avec tes assistants dans la semaine, tu échanges avec le superviseur, après avec mon coach qui me suit tout au long de la saison. C’est quelqu’un qui a pour mission de m’épauler en PRO D2 sur toute une année. En dehors du jour de la rencontre je passe au moins une dizaine d’heures à préparer mes matchs et à les débriefer derrière.

"cela doit être terrible de ne plus pouvoir jouer, de pouvoir se retrouver entre copains"

 
Et bien Stéphane après t’avoir écouté attentivement, tes réponses vont certainement en surprendre quelques-uns, de par la charge de travail demandée à un arbitre de ton niveau. C’est très intéressant et très instructif, ce qui me semble tout à fait logique pour un enseignant ! La relève semble aussi assurée avec Alexi MORANDI actuellement à l’Ecole de l’Arbitrage a Castres. Un dernier mot Stéphane pour conclure ce long entretien :
 
J’aurais aimé travailler davantage avec les joueurs du RC COES, pour leur apporter quelques conseils, sur leurs rencontres. J’avais aussi un projet de les conseiller en matière d’arbitrage et leur apporter mon regard d’arbitre sur leurs comportements sur le terrain. C’est aussi frustrant pour moi mais surtout pour eux car cela doit être terrible de ne plus pouvoir jouer, de pouvoir se retrouver entre copains le dimanche sur le terrain, ce qui est quand même l’essence de notre vie de rugbyman. Ce fut très agréable de pouvoir échanger sur cette discipline qui comme tu l’auras compris est pour moi une grande passion.
 
Finalement ENSEIGNER et ARBITRER, Stéphane : deux métiers proches l’un de l’autre ?
 
Dans la gestion il y a beaucoup de similitudes entre enseignement et arbitrage mais a contrario, je n’ai pas le dimanche après-midi un rôle d’éducateur ! je suis plutôt dans un rôle «tranchant que préventif ». Mais je dois dire que les deux me servent tous les jours : le rugby à l’école et l’enseignement dans le rugby. Il y a beaucoup de philosophie à avoir dans les deux disciplines pourne pas prendre les choses trop a cœur, ou de manière trop personnelle comme par exemple être capable de savoir gérer les conflits.
 
En définitive, Stéphane tu as fait un beau mariage ?
 
Oui et j’en suis plutôt ravi, je vis pleinement ma passion d’arbitre de rugby le weekend et celle d’enseigner dans la semaine.
 
Je te donne rendez vous pour un match à Chaban Delmas d’ici quelques années pour arbitrer un match de l’UBB. Un très grand merci Stéphane. Le RC COES , supporters et sympathisants te souhaitent le meilleur pour les prochaines années dans ta carrière dans l’arbitrage en OVALIE et en attendant passe d’excellentes nuits ….
 
Entretien réalisé par Jean BIECHE
(Administrateur du site internet et page Facebook du RC COES)